Les 18-29 ans sollicitent moins leur conseiller pour orienter leurs finances. Cette autonomie financière affichée masque pourtant une réalité moins flatteuse, leur argent reste majoritairement sur des supports faiblement rémunérateurs.
Une enquête auprès de 4 663 Français révèle ce paradoxe. Derrière un rapport aux banques transformé par le numérique, l’épargne des jeunes reste prudente, 65 % des 18-29 ans déclarent conserver la majeure partie de leur argent sur un compte courant ou un livret. La liberté ne produit aucun rendement réel.
À 18-29 ans, 65 % gardent surtout leur épargne sur un compte courant ou un livret
Bricks.co publie, le 14 septembre 2026, les résultats d’une enquête menée auprès de 4 663 Français. Parmi les 18-29 ans interrogés, 24 % conservent principalement leur argent sur un compte courant, tandis que 41 % privilégient les livrets réglementés, tels que le Livret A ou le LDDS.
Le taux de 65 % représente une part des répondants, pas celle des sommes détenues. Ces supports de placement servent surtout à préserver une épargne disponible. Bricks.co les présente comme des placements à faible rendement, sans fournir de mesure de performance. Par ailleurs, 12 % des jeunes déclarent ne posséder aucune épargne.
L’assurance-vie, plus présente chez les baby-boomers
Les réponses révèlent une nette progression de l’assurance-vie avec l’âge. La place de l’assurance-vie passe de 7 % chez les 18-29 ans à 15 % pour la génération Y, 24 % pour la génération X et 36 % parmi les baby-boomers.
Le compte courant suit une tendance inverse, avec respectivement 24 %, 17 %, 12 % et 9 % des répondants. Ces préférences générationnelles désignent le support accueillant la majeure partie de l’épargne déclarée, non sa rentabilité. Une assurance-vie peut d’ailleurs associer fonds en euros et unités de compte, avec des risques très différents.
Pour s’informer, les jeunes privilégient les écrans
Les canaux numériques rassemblent 60 % des réponses fournies par les 18-29 ans. Internet et les comparateurs en ligne arrivent en tête, devant les réseaux sociaux et les applications d’investissement. La question portait sur la source principalement utilisée pour prendre une décision financière.
Cette audience ne prouve pas la fiabilité des conseils diffusés. Les créateurs de contenu financier sont cités par 20 % des jeunes, contre seulement 1 % des baby-boomers. L’enquête mesure donc des habitudes d’information, sans examiner la compétence des intervenants, leur indépendance ou la qualité de leurs recommandations.
- Internet et comparateurs : 22 % des 18-29 ans.
- Réseaux sociaux et créateurs spécialisés : 20 %.
- Applications dédiées à l’investissement : 18 %.
Le conseiller bancaire reste la référence de 63 % des baby-boomers
Le rapport au conseiller varie fortement selon l’âge. Le conseil bancaire constitue la première référence de 63 % des baby-boomers, contre 43 % de la génération X, 27 % de la génération Y et seulement 13 % des 18-29 ans interrogés.
Les proches sont cités par 21 % des jeunes, tandis que les outils numériques gagnent du terrain dans cette tranche d’âge. Ces sources d’information privilégiées correspondent au premier recours déclaré. Elles n’excluent pas la consultation d’autres interlocuteurs avant une décision, comme le montre la comparaison entre les quatre générations.
| Source principale pour décider | Génération Z | Génération Y | Génération X | Baby-boomers |
|---|---|---|---|---|
| Conseiller bancaire | 13 % | 27 % | 43 % | 63 % |
| Proches, famille et amis | 21 % | 15 % | 12 % | 16 % |
| Internet et comparateurs | 22 % | 28 % | 24 % | 15 % |
| Réseaux sociaux et créateurs financiers | 20 % | 11 % | 4 % | 1 % |
| Applications d’investissement | 18 % | 12 % | 7 % | 3 % |
| Aucune source identifiée | 6 % | 7 % | 10 % | 2 % |
À qui les jeunes feraient-ils confiance pour placer leur argent ?
Interrogés sur l’acteur auquel ils confieraient leurs décisions financières, 34 % des jeunes répondent préférer agir seuls. Cette aspiration à la gestion autonome devance la confiance dans les néobanques et les banques en ligne, citées par 27 % des répondants.
Les applications ou plateformes de placement recueillent 21 % des réponses, contre 14 % pour les banques traditionnelles et 4 % pour aucun acteur. Au total, les intermédiaires financiers numériques atteignent 48 %. Ces préférences déclarées ne démontrent ni une gestion réellement solitaire, ni une utilisation effective des services, ni des montants investis plus élevés.
Les frais bancaires, une dépense mal identifiée
Parmi les jeunes interrogés, 36 % ignorent les prélèvements de leur banque et 23 % pensent ne rien payer. Seuls 16 % connaissent précisément leurs frais bancaires annuels, contre 31 % des baby-boomers. Le coût du compte demeure donc flou pour une large part des répondants.
La connaissance des tarifs progresse avec l’âge, mais reste incomplète. Citant Panorabanques, Cédric O’Neill, fondateur de Bricks.co, indique pour 2026 une tenue de compte moyenne de 23,40 € par an, contre zéro dans les banques en ligne. Il estime les frais totaux entre 150 et 250 € dans les banques de réseau, avec un écart annuel de 100 à 200 €.
| Connaissance des frais annuels | Génération Z | Génération Y | Génération X | Baby-boomers |
|---|---|---|---|---|
| Montant précis connu | 16 % | 23 % | 26 % | 31 % |
| Estimation approximative | 25 % | 34 % | 39 % | 42 % |
| Aucune idée | 36 % | 29 % | 28 % | 25 % |
| Pense ne payer aucun frais | 23 % | 14 % | 7 % | 2 % |
Le crédit immobilier alimente un sentiment de dépendance
La possibilité de changer d’établissement reste mal connue lorsqu’un emprunt est en cours. Après la souscription d’un crédit immobilier, 60 % des jeunes pensent, avec ou sans certitude, devoir conserver leur compte principal dans la banque prêteuse. Cette part atteint 66 % pour la génération Y, 67 % pour la génération X et 68 % chez les baby-boomers.
Les réponses expriment une perception plutôt qu’une lecture des contrats. Ce sentiment de dépendance bancaire traverse toutes les générations. Seuls 14 % des jeunes, 20 % de la génération Y, 18 % de la génération X et 15 % des baby-boomers estiment pouvoir changer de banque. Bricks.co établit cette proportion à 17 % pour l’ensemble des sondés.
Domicilier son salaire et conserver un compte ne se confondent pas
La portée juridique de la loi PACTE mérite une lecture précise. Promulguée le 22 mai 2019, elle a supprimé l’encadrement spécifique de la domiciliation des revenus instauré en 2018, sans effacer les engagements antérieurs. Les clauses contractuelles applicables doivent donc être examinées avant tout changement de banque.
Plusieurs opérations distinctes peuvent être confondues. La mobilité bancaire transfère les opérations courantes, mais pas automatiquement le crédit. Le remboursement du prêt demeure régi par le contrat, même lorsque le salaire arrive dans un autre établissement. Conserver un compte pour prélever les échéances n’oblige donc pas nécessairement à y maintenir son compte principal.
À retenir : les offres émises entre janvier 2018 et mai 2019 peuvent contenir une clause de domiciliation associée à un avantage individualisé, valable dix ans au maximum, soit jusqu’en 2029 pour les plus tardives. Sa portée dépend du contrat signé.
Décider seul ne garantit pas une épargne plus rémunératrice
Prendre ses distances avec un conseiller ne transforme pas automatiquement la composition de l’épargne. Malgré leur autonomie de décision déclarée, seuls 13 % des jeunes disent placer principalement leur argent dans la catégorie réunissant bourse, immobilier, cryptomonnaies et plateformes. Cette proportion atteint 20 % pour la génération Y, 21 % pour la génération X et 13 % chez les baby-boomers.
Aucune performance personnelle n’accompagne ces résultats. Le rendement des placements ne peut donc pas être déduit des réponses, qui classent séparément l’assurance-vie et les autres investissements. Les limites méthodologiques du document transmis appellent aussi une lecture mesurée : ni le recrutement, ni les dates du terrain, ni les effectifs générationnels, ni la pondération ne sont précisés.