UNIVITY franchit un cap avec uniSpark, lancée en juin 2025. Menée depuis l’espace, cette démonstration technologique en orbite combine trois dispositifs que l’entreprise affirme n’avoir encore jamais vus réunis au sein d’une même liaison satellitaire 5G.
Révélée le 9 septembre 2026, la réussite repose sur un échange 5G bidirectionnel entre satellite et sol. Pour les télécommunications satellitaires, l’architecture associe traitement 5G régénératif embarqué, fréquences millimétriques et duplexage temporel. Elle rapproche les réseaux non terrestres des technologies exploitées par les opérateurs mobiles. Le résultat ouvre désormais une voie concrète.
Une connexion bidirectionnelle avec une station 5G embarquée
UNIVITY a annoncé le 9 septembre 2026 une première mondiale revendiquée avec sa charge utile uniSpark. Celle-ci a établi une liaison bidirectionnelle entre un terminal terrestre et une station de base embarquée en orbite, connectée à un réseau 5G non terrestre.
La démonstration réunit des briques jusqu’alors jamais associées depuis l’espace. Un traitement 5G régénératif réalisé à bord fonctionne sur des fréquences millimétriques, tandis que le TDD organise l’émission et la réception à des instants distincts sur une même bande radio.
Du concept aux essais, près de deux ans pour uniSpark
Assemblé chez D-Orbit, uniSpark a rejoint l’orbite en juin 2025 après près de deux années de développement. La campagne d’essais a vérifié progressivement chaque composant, puis la synchronisation entre la charge utile et le terminal installé au sol.
France 2030 a soutenu le programme, tandis que le CNES a accueilli les équipements terrestres sur l’un de ses sites. L’enregistrement réussi du terminal sur un cœur de réseau 5G standard a marqué l’aboutissement technique de cette démonstration en orbite.
Avec uniSpark, nous passons de la promesse technologique à la preuve en orbite.
Charles Delfieux, fondateur et CEO d’UNIVITY
À vitesse orbitale, la synchronisation devient déterminante
La distance séparant uniSpark du terminal terrestre change continuellement pendant le passage du satellite. À cette vitesse orbitale, le système doit corriger le délai de propagation du signal ainsi que l’effet Doppler, responsable d’un décalage de la fréquence reçue.
Le fonctionnement en TDD renforce cette exigence technique, car les communications montantes et descendantes alternent sur la même bande. Une synchronisation temporelle et fréquentielle précise coordonne alors les fenêtres d’émission et de réception. Les essais menés par UNIVITY ont permis d’ajuster ces paramètres jusqu’à l’établissement complet de la connexion.
Le TDD ouvre une piste à 26 GHz pour les satellites
Le TDD et le FDD ne séparent pas les flux radio selon la même méthode. Le duplexage temporel partage une fréquence en alternant émission et réception, quand le FDD mobilise deux ressources spectrales distinctes pour les liaisons montante et descendante.
Déjà employées par les réseaux 5G terrestres, les bandes millimétriques peuvent désormais servir des communications spatiales. UNIVITY présente la bande des 26 GHz comme une solution susceptible d’accroître les capacités satellitaires, alors que les bandes Ku et Ka connaissent une saturation croissante.
Au-delà de la performance de la liaison elle-même, cette démonstration confirme la possibilité de construire une infrastructure satellitaire s’appuyant largement sur les technologies et développements issus de la 5G terrestre, plutôt que de recréer un écosystème totalement distinct.
Laurent Bouscary, CTO d’UNIVITY
Deux satellites uniShape pour préparer la constellation uniSky
UNIVITY prépare désormais uniShape avec le soutien du CNES dans le cadre de France 2030. Conçus directement par l’entreprise, les deux satellites de démonstration reprendront l’architecture du futur réseau afin d’éprouver ses performances, son exploitation et ses différentes briques technologiques en conditions orbitales.
Signé en août 2025, ce projet doit valider un service 5G NTN complet, du terminal au réseau. Les résultats guideront l’industrialisation d’uniSky, future constellation commerciale appelée à intégrer les technologies déjà éprouvées avec uniSpark, puis celles qui seront qualifiées grâce aux deux satellites uniShape.
Une infrastructure neutre au service des opérateurs télécoms
UNIVITY ne cherche pas à remplacer les réseaux terrestres par un système indépendant. Son modèle repose sur une infrastructure spatiale partagée et neutre, grâce à laquelle les opérateurs télécoms pourraient étendre leur couverture sans construire leur propre constellation satellitaire.
Les satellites formeraient une couche complémentaire directement intégrée aux réseaux existants. Chaque opérateur conserverait la gestion de ses services et de ses infrastructures, ainsi que la maîtrise de la relation client. La démonstration uniSpark valide une première brique technique de cette approche, avant les futures étapes de déploiement commercial.