Le recul de 4% en mai cache une autre réalité du marché du véhicule d’occasion en France

Ecrit par Yves Vaugrenard

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Le chiffre frappe, mais il ne raconte pas toute l’histoire. En mai, le marché automobile français a reculé en apparence, sous l’effet d’un calendrier peu favorable.

Avec deux jours ouvrés de moins qu’un an plus tôt, la baisse de 4% mérite une lecture plus fine. Les immatriculations en mai progressent à jours comparables, pendant que les données d’AutoScout24 signalent une bascule plus discrète, entre voitures très âgées, budgets resserrés et regain de l’électrique d’occasion. Le vrai signal n’est pas celui qu’on croit.

Un mois de mai en baisse, mais faussé par le calendrier

Les immatriculations de véhicules d’occasion ont reculé de 4 % en mai, face au même mois de 2025, selon les données reprises par AutoScout24 France. Pris seul, ce chiffre dessine une contraction nette du marché, avec une baisse apparente qui peut donner une lecture trop sévère de la situation.

La nuance vient du calendrier commercial. Mai comptait deux jours ouvrés de moins qu’en mai 2025, ce qui réduit mécaniquement les passages en point de vente et les dossiers finalisés. Cet effet calendrier brouille donc la comparaison annuelle, sans effacer l’existence d’acheteurs encore présents sur le marché.

À jours ouvrés comparables, la demande reste bien présente

Le retrait brut masque une lecture plus porteuse lorsque l’on neutralise le nombre de journées travaillées. À périmètre comparable, les volumes corrigés progressent de 7,3 % en mai, signe que la demande automobile n’a pas disparu malgré un marché affiché en recul dans les statistiques non retraitées.

Cette résistance ne suffit pas à inverser la tendance depuis janvier. Le cumul annuel reste négatif par rapport à 2025, ce qui rappelle une reprise heurtée, encore dépendante du calendrier, des prix et des capacités d’achat des ménages cherchant un véhicule fiable sans dépasser leur budget.

  • Mai affiche -4 % en données brutes.
  • À périmètre comparable, le marché progresse de 7,3 %.
  • Le bilan depuis janvier reste orienté à la baisse.

Les véhicules de plus de 16 ans gagnent du terrain

Le marché par âge révèle un autre mouvement. Les modèles de plus de 16 ans gagnent du terrain, jusqu’à frôler 30 % des transactions, un niveau record. Ce succès des véhicules anciens traduit des arbitrages budgétaires bien réels, car le pouvoir d’achat pèse sur le choix final et fait monter leur part de marché.

Ce basculement ne raconte pas un simple goût pour les youngtimers. Il montre des ménages qui privilégient le coût d’achat, la disponibilité immédiate et des réparations jugées plus accessibles, quitte à renoncer à des modèles récents mieux équipés mais plus chers à financer.

Les acheteurs restent prudents, et cette prudence profite aux véhicules de plus de 16 ans, dont la progression les rapproche désormais de 30 % du marché.Vincent Hancart, Directeur général d’AutoScout24 France

L’électrique d’occasion accélère malgré la domination essence-diesel

La poussée de l’occasion électrifiée se confirme en mai. Les modèles 100 % batterie, regroupés dans les véhicules électriques, enregistrent une forte progression, preuve qu’une partie des acheteurs regarde désormais au-delà du thermique lorsque l’autonomie, le prix et l’usage quotidien semblent compatibles.

Le rapport de force reste pourtant dominé par l’essence et le diesel. Les motorisations essence gardent une large base de clientèle, tandis que les motorisations diesel conservent leur place chez les gros rouleurs, les familles et les professionnels attentifs au coût d’usage.

Des prix en recul sur AutoScout24, au plus bas depuis avril 2023

Sur AutoScout24.fr, les tarifs demandés reflètent le recentrage des acheteurs vers des modèles moins coûteux. Le prix moyen des annonces automobiles recule en mai et atteint son niveau le plus bas depuis avril 2023, un signal cohérent avec le vieillissement des transactions.

Cette détente des prix accompagne un marché plus prudent. Chez AutoScout24 France, la recherche de voitures abordables rejoint la montée des plus de 16 ans : les ménages arbitrent davantage entre mensualité, entretien, kilométrage et âge du véhicule avant de signer.

Yves Vaugrenard

Portant un regard curieux sur la stratégie médiatique, Yves s’intéresse à l’innovation en communication depuis des années. Son parcours, nourri de collaborations dans des domaines variés, lui a permis de saisir comment les marques peuvent mieux interagir avec leur public. On l’invite souvent à partager ses idées sur les nouvelles tendances médiatiques, où il apporte un éclairage concret et toujours ouvert aux évolutions du secteur.

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