Les centrales à gaz sur roues de xAI restent au cœur du procès sur la pollution dans le Mississippi

Ecrit par Yves Vaugrenard

Centrales à gaz mobiles de xAI à Southaven, visées par un procès

Le procès environnemental contre xAI se poursuit aux États-Unis. À Southaven, ses centrales à gaz sur roues relancent le débat sur les obligations antipollution attachées à ces installations.

Le rejet de la demande d’abandon du procès reste à confirmer et ne vaut pas une condamnation définitive de xAI. La course à l’IA bouscule les règles environnementales qui encadrent l’alimentation électrique des datacenters, avec des accusations de pollution atmosphérique à la clé. Les roues n’effacent pas les émissions.

Le procès continue sans condamnation définitive de xAI

Le 30 octobre 2026, la juge Debra Brown a refusé de classer la plainte de la NAACP contre xAI pour ses turbines à gaz dans le Mississippi. La procédure judiciaire fédérale suit son cours, mais cette décision ne dit pas encore si l’entreprise d’Elon Musk a enfreint la loi.

Au 7 novembre 2026, le fond du litige reste entier. Cette absence de condamnation définitive ne se confond pas avec le recours visant l’autorisation des 41 turbines permanentes. Une audience sur ce dossier est prévue le 9 novembre, mais elle n’a pas encore eu lieu.

Que recouvrent les décomptes de 27, 59 et 69 turbines ?

Près de Memphis, dans le Mississippi, xAI fait tourner des turbines à gaz pour alimenter ses serveurs. Le site de Southaven héberge le projet Colossus 2, destiné notamment à Grok. Le décompte des turbines diffère selon la date et le périmètre des enquêtes successives :

  • Avril 2026 : la plainte de la NAACP vise au moins 27 turbines.
  • 14 juillet 2026 : Reuters identifie 59 turbines pour Colossus 2, dont 57 dans le Mississippi.
  • 31 juillet 2026 : Mississippi Today rapporte 69 turbines temporaires.

Ces trois chiffres ne décrivent pas trois installations différentes. Les 27 turbines visées en avril représentaient une puissance électrique cumulée de 495 mégawatts. En juillet, Reuters puis Mississippi Today ont recensé davantage de machines, sans que cela modifie pour autant le périmètre initial de la plainte fédérale d’avril 2026.

Des roues ne suffisent pas à écarter les règles antipollution

La juge Debra Brown retient l’usage réel des équipements, non leur mobilité affichée. Lorsqu’elles fonctionnent, les turbines sur remorques restent immobiles et peuvent relever des sources stationnaires de pollution prévues par le droit fédéral. Leur raccordement au gaz et à l’électricité pèse dans cette appréciation.

En juillet 2025, le Mississippi avait accordé une dispense sous conditions aux équipements installés moins de douze mois. Cette tolérance ne dispense pourtant pas xAI d’obtenir un permis environnemental si la réglementation fédérale l’impose. Pour certaines turbines utilisées temporairement jusqu’à 24 mois, les règles de l’EPA prévoient des contrôles destinés à limiter les émissions.

Quels polluants les estimations de la plainte concernent-elles ?

La plainte chiffre les rejets possibles des 27 turbines initialement visées. Ce potentiel annuel d’émission résulte de calculs des plaignants, pas de mesures des rejets effectivement produits sur une année. La décision cite ces quantités annuelles en tonnes américaines (« short tons ») :

  • NOx : 1 700 tonnes par an.
  • CO : 580 tonnes par an.
  • PM2,5 : 180 tonnes par an.
  • Formaldéhyde : 19 tonnes par an.

Le total avoisine 2 480 tonnes américaines par an pour ces catégories. Les oxydes d’azote participent à la formation d’ozone, tandis que le monoxyde de carbone est toxique selon sa concentration. Les particules fines inquiètent pour leurs effets respiratoires et cardiovasculaires. Il ne mesure ni les émissions réelles ni le CO₂, qui relève d’un autre calcul.

Une hausse du NO₂ relevée par satellite, avec des limites scientifiques

Une prépublication datée du 4 novembre 2026 s’intéresse à l’air près du site de Southaven. Les observations satellitaires du NO₂ suggèrent une hausse estimée de 49 % de la colonne de dioxyde d’azote entre avril et juillet 2026, par rapport aux mêmes périodes de 2024 et 2025.

Ces résultats préliminaires n’ont pas encore été évalués par des pairs. Les chercheurs modélisent les risques sanitaires locaux, qui inquiètent les riverains, sans établir ce que chaque habitant respire réellement. Reuters signale des indicateurs respiratoires déjà défavorables dans des quartiers voisins et des plaintes concernant le bruit des turbines.

Que promet xAI pour remplacer ses turbines temporaires ?

Sur le chantier de Southaven, xAI promet de remplacer ses générateurs provisoires. Le retrait des turbines temporaires doit accompagner l’arrivée d’une centrale permanente de 1,2 gigawatt, comprenant 41 turbines autorisées en mars 2026. Elle annonce des dispositifs de réduction des émissions, des silencieux et des protections acoustiques. Sa conformité aux normes de l’EPA attend une vérification indépendante.

Selon sa communication du 30 juillet 2026, xAI prévoit de retirer les 69 turbines temporaires du Mississippi d’ici juillet 2027. Il s’agit d’une échéance annoncée, pas d’un retrait constaté.

Annonce de xAI du 30 juillet 2026, résumé ici du calendrier annoncé sans citation littérale vérifiée

La course électrique de l’IA à l’épreuve des règles environnementales

Pour ouvrir Colossus 2, xAI cherche une alimentation électrique massive. Les besoins énergétiques de l’IA se heurtent aux délais de raccordement au réseau, parfois de plusieurs années, d’où le recours aux turbines. Devant la justice, le département américain de la Justice a invoqué la sécurité nationale pour défendre xAI, sans obtenir l’abandon du procès.

À Southaven, les travaux font l’objet d’un dossier distinct. Mississippi Today a révélé le 6 novembre 2026 des travaux de gestion des eaux pluviales engagés sans les autorisations requises. xAI évoque un risque de 6,1 millions de dollars et dit coopérer avec l’administration. Cette affaire reste distincte du procès sur les émissions atmosphériques.

Yves Vaugrenard

Portant un regard curieux sur la stratégie médiatique, Yves s’intéresse à l’innovation en communication depuis des années. Son parcours, nourri de collaborations dans des domaines variés, lui a permis de saisir comment les marques peuvent mieux interagir avec leur public. On l’invite souvent à partager ses idées sur les nouvelles tendances médiatiques, où il apporte un éclairage concret et toujours ouvert aux évolutions du secteur.

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