Cloud Temple mobilise 47 millions d’euros à la tête d’un consortium cloud

Ecrit par Yves Vaugrenard

Infrastructure cloud du consortium européen mené par Cloud Temple

Cloud Temple s’allie à Thales, Bull, Vates et au CEA pour bâtir une nouvelle offre de cloud. Ce consortium industriel européen ne part pas de zéro.

L’investissement annoncé atteint 47 millions d’euros d’ici fin 2028, dont 20 millions de soutien public. Soutenu par le programme France 2030, le projet veut donner au cloud de confiance les moyens de traiter des données sensibles par l’IA. La promesse se joue autant dans la sécurité que dans les garanties juridiques. La technique ne suffit pas.

Un financement de 47 millions d’euros jusqu’à fin 2028

Cloud Temple a annoncé le 8 octobre 2026, à Paris, que son consortium était retenu pour l’appel à projets « Renforcement de l’offre de services cloud », opéré par Bpifrance pour le compte de l’État. D’ici fin 2028, le programme mobilisera 47 millions d’euros, dont 20 millions d’euros de soutien public accordé au titre de France 2030.

Les membres du consortium réunis autour de Cloud Temple financeront le reste du programme. À hauteur de 27 millions d’euros, le cofinancement des partenaires industriels doit accélérer en Europe le déploiement de capacités cloud déjà exploitées, sans repartir de zéro.

L’Europe dispose des compétences technologiques nécessaires. L’enjeu est désormais l’échelle. France 2030 nous permet d’accélérer une dynamique engagée et de consolider une capacité industrielle européenne sur le terrain où elle peut gagner : celui des usages critiques.

Sébastien Lescop, directeur général de Cloud Temple

Thales, Bull, le CEA et Vates se répartissent les briques technologiques

Cloud Temple coordonne les travaux et met à disposition ses plateformes, déjà utilisées par des clients publics et privés. Thales apporte notamment son expertise en cybersécurité des environnements critiques, tandis que S3NS, sa filiale, contribue avec ses solutions de cloud de confiance.

Bull fournit les machines destinées aux calculs intensifs. Ses infrastructures dédiées à l’IA doivent prendre en charge des calculs sur données sensibles à grande échelle. Au CEA, les chercheurs travaillent sur les architectures de nouvelle génération. Vates apporte la virtualisation open source, avec un hyperviseur censé faciliter l’interopérabilité et la réversibilité des plateformes.

L’IA sur données sensibles au cœur des usages visés

La santé, la finance, l’industrie et les administrations figurent parmi les destinataires de cette offre cloud. Le consortium prévoit de renforcer les services IaaS et PaaS et d’y adosser l’IA pour traiter des données sensibles sans transfert hors des environnements sécurisés.

Cloud Temple héberge déjà des charges de travail pour des clients soumis à de fortes contraintes de sécurité. Avec BullSequana AI, Bull apporte au projet des capacités d’inférence et d’orchestration des traitements. Le consortium annonce des applications prêtes à l’emploi pour ces acteurs, mais leur déploiement à grande échelle reste à concrétiser d’ici la fin du programme France 2030.

Au sein du consortium, cette plateforme apporte des cas d’usage sur étagères, prêts à l’emploi, pour accélérer l’adoption de l’IA dans des domaines stratégiques, tout en garantissant la maîtrise des données et la souveraineté des traitements.

Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull

La souveraineté juridique s’ajoute aux exigences de sécurité

Dans sa communication, Cloud Temple distingue plusieurs garanties déjà obtenues pour une partie de ses capacités cloud existantes. La qualification SecNumCloud relève de l’ANSSI ; la certification HDS encadre l’hébergement de données de santé ; la conformité au référentiel C5 répond à des exigences allemandes. Aucun de ces statuts ne vaut automatiquement pour les futurs services issus de ce programme.

Les lois extraterritoriales susceptibles de s’appliquer à certains fournisseurs compliquent le choix d’un hébergement pour les données sensibles. Le consortium met en avant la souveraineté juridique de son modèle, au-delà des seules protections techniques. NIS 2, DORA et l’AI Act dessinent des obligations réglementaires distinctes en cybersécurité, résilience financière et intelligence artificielle.

Yves Vaugrenard

Portant un regard curieux sur la stratégie médiatique, Yves s’intéresse à l’innovation en communication depuis des années. Son parcours, nourri de collaborations dans des domaines variés, lui a permis de saisir comment les marques peuvent mieux interagir avec leur public. On l’invite souvent à partager ses idées sur les nouvelles tendances médiatiques, où il apporte un éclairage concret et toujours ouvert aux évolutions du secteur.

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