La Gen Z passe du smartphone aux réseaux sociaux avec une aisance. Cette familiarité avec les usages numériques nourrit une assurance trompeuse, que leurs pratiques de protection fragiles justifient mal.
En France, trois jeunes sur quatre déclarent avoir déjà subi au moins une attaque ou un incident touchant un appareil, un compte ou leurs données. Ce constat expose les faiblesses de la cybersécurité des jeunes, quand le téléphone concentre identités, accès bancaires et conversations privées, autant de risques en ligne. La confiance ne protège rien.
Une aisance numérique qui masque des compétences limitées
L’étude internationale de Kaspersky, menée auprès de 7 200 répondants dont des Français, mesure l’ampleur du décalage. Dans la Gen Z, 57 % des personnes interrogées passent davantage de temps en ligne que hors ligne. Cette hyperconnexion quotidienne, portée par le smartphone, alimente une confiance numérique qui ne reflète pas toujours les aptitudes réelles.
En France, 38 % des jeunes utilisent principalement un iPhone, contre 15 % de la population générale. Si 59 % se disent sereins sur Internet, seuls 28 % déclarent posséder des compétences informatiques avancées. Leur sentiment de contrôle vient donc davantage de leur familiarité avec les interfaces que d’une réelle capacité à déceler les menaces.
Sur smartphone, les réflexes de protection restent trop rares
Le téléphone accompagne chaque activité, mais les précautions demeurent minoritaires chez les jeunes Français. Les chiffres de Kaspersky illustrent le faible recours à un antivirus mobile, au renouvellement des mots de passe et aux mises à jour logicielles :
- 25 % protègent leur smartphone avec un antivirus ;
- 22 % changent leurs mots de passe, contre 35 % à l’échelle nationale ;
- 22 % actualisent le système d’exploitation et les applications.
Plus préoccupant, 9,6 % reconnaissent n’appliquer aucune mesure de sécurité à leur appareil. Un logiciel obsolète ou un même code réutilisé sur plusieurs services suffit alors à multiplier les points d’entrée. Cette négligence expose les comptes, les fichiers enregistrés et les échanges privés à des attaques pourtant évitables.
Les cyberattaques frappent déjà trois jeunes Français sur quatre
Le risque n’a plus rien de théorique pour cette génération. En France, 75,6 % des jeunes ont déjà subi des incidents de cybersécurité sur leurs appareils, leurs informations ou leurs profils, à raison de trois attaques par an en moyenne. Le piratage de comptes sociaux touche 11 % d’entre eux, soit près de trois fois la moyenne nationale.
Les préjudices atteignent aussi les loisirs et les finances. Quelque 12 % des répondants ont perdu l’accès à leurs comptes de jeux vidéo, tandis que 9 % signalent un vol de données personnelles ou bancaires. Derrière ces pourcentages se cachent des achats frauduleux, des identités détournées et des souvenirs numériques parfois impossibles à récupérer.
Le téléphone concentre toute une vie privée insuffisamment sécurisée
Le smartphone réunit désormais des informations capables d’exposer durablement son propriétaire. Selon Kaspersky, 34 % des jeunes Français y stockent des documents d’identité numériques, contre 22,5 % de la population nationale. Quelque 32 % conservent leurs identifiants bancaires et 27 % leurs échanges avec des intelligences artificielles. Ces données personnelles sensibles restent fragiles, car seuls 28 % sauvegardent leur téléphone de façon suivie.
Être à l’aise sur une application ne veut pas dire qu’on sait repérer un piège, déjouer une arnaque ou protéger ses accès.
Irina Ermilova, vice-présidente de Kaspersky chargée des produits grand public
La cybersécurité doit rejoindre les gestes du quotidien
Des actions simples suffisent à réduire une large part de l’exposition. Installer une solution adaptée, appliquer les correctifs disponibles et créer des mots de passe uniques constituent des habitudes de sécurité accessibles. Des sauvegardes fréquentes permettent aussi de retrouver ses fichiers après la perte, la panne ou la compromission du téléphone.
La familiarité avec les applications ne protège ni des arnaques ni des liens piégés. La protection des accès gagne à inclure une authentification à plusieurs facteurs et un gestionnaire de mots de passe. Une telle vigilance numérique peut s’intégrer naturellement aux usages quotidiens, au même titre que la messagerie, les réseaux sociaux ou les jeux en ligne.