Des apiculteurs sonnent l’alerte : chaque automne, cette erreur laisse les frelons asiatiques proliférer sans résistance dans des milliers de communes rurales

Ecrit par Yves Vaugrenard

Des apiculteurs sonnent l’alerte : chaque automne, cette erreur laisse les frelons asiatiques proliférer sans résistance dans des milliers de communes rurales

Un moment stratégique que beaucoup laissent passer sans mesurer les conséquences

Chaque année, la lutte contre les frelons asiatiques s’organise au printemps et s’intensifie en été, mais c’est à l’automne que se joue la véritable bascule. Alors que les nids débordent d’activité, une action bien ciblée à cette période peut freiner la prolifération pour l’année suivante. Le silence qui entoure ce moment est une erreur collective. L’automne n’est pas la fin du cycle : c’est la dernière chance de l’influencer.

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Un cycle biologique exploitable à court terme

À l’automne, les nids de frelons atteignent leur pic de population. Des milliers de larves réclament un apport constant de protéines, obligeant les ouvrières à multiplier les allers-retours vers les sources alimentaires. Insectes, morceaux de viande ou poissons crus deviennent leur priorité absolue. Ce comportement rend les ouvrières vulnérables et faciles à piéger. C’est à cette période précise que l’on peut affaiblir la colonie de manière significative. En limitant l’apport en protéines, la croissance des larves ralentit et le développement des futures reines devient plus incertain.

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Une opportunité de réduire les reines fondatrices

Le véritable enjeu réside dans les gynes, ces futures reines qui, une fois fécondées, quitteront le nid pour hiberner avant de fonder de nouvelles colonies au printemps. Un piège bien placé ne tue pas uniquement une ouvrière : il prive une colonie entière de sa capacité à nourrir ses larves, dont font partie ces reines en devenir. Moins elles sont nourries, moins elles survivent à l’hiver. Cet affaiblissement ciblé a un impact direct sur le nombre de nids l’année suivante, un effet de levier souvent sous-estimé.

Ce que contient un nid à cette période critique

En cette fin de saison, un nid actif regroupe une organisation impressionnante. Des larves par milliers occupent l’essentiel de la structure, avec un nombre record d’ouvrières chargées de leur alimentation. Les mâles, fraîchement produits, n’ont qu’un objectif : assurer la reproduction. Mais ce sont surtout les gynes, encore au nid mais prêtes à partir, qui doivent capter l’attention. Leur fragilité physiologique à ce moment-là est un levier d’action majeur. Agir à ce stade revient à cibler l’année suivante, pas seulement l’instant présent.

Les pièges à appâts protéinés installés à l’automne permettent de cibler les ouvrières et affaiblir les futures reines
Les pièges à appâts protéinés installés à l’automne permettent de cibler les ouvrières et affaiblir les futures reines

Les appâts les plus efficaces à l’automne

Contrairement aux idées reçues, les frelons asiatiques ne recherchent pas le sucre en priorité à cette période. Ce sont les protéines qu’ils traquent. L’expérience de terrain le confirme : des appâts comme la viande faisandée, le poisson cru ou les carapaces de crevettes déclenchent un taux d’attraction très élevé. Ces substrats, disposés à une hauteur comprise entre 1,5 et 3 mètres, ciblent efficacement les zones de vol des ouvrières. Placés à proximité de vergers, ruchers ou haies de lierre, ils offrent des résultats mesurables dès les premiers jours. Ne pas changer trop souvent les pièges permet aussi de maintenir l’odeur spécifique laissée par les frelons, une phéromone qui attire les suivants.

Recommandations pratiques pour optimiser l’impact

Type d’appât Période optimale (2025) Hauteur recommandée Fréquence de renouvellement
Viande faisandée Septembre – Octobre 1,5 à 3 m Chaque semaine
Poisson cru Septembre – Octobre 1,5 à 3 m Chaque semaine
Carapaces de crevettes Septembre – Octobre 1,5 à 3 m Chaque semaine

Le maintien d’un appât efficace ne nécessite pas de nettoyage systématique du piège. Laisser les résidus précédents peut renforcer l’attractivité. L’essentiel est de conserver une base odorante tout en renouvelant les protéines principales pour garantir leur fraîcheur.

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Attention aux pièges non sélectifs

Le recours à des pièges artisanaux mal conçus, comme les bouteilles percées remplies de bière ou de sirop, provoque des dégâts collatéraux. Ces dispositifs capturent en masse des guêpes, des papillons, des moucherons et même des frelons européens, qui jouent pourtant un rôle positif dans l’équilibre biologique. Cette confusion entre espèces nuisibles et espèces utiles fausse totalement l’objectif de départ. L’usage de pièges sélectifs, comme le modèle Vespiguard conçu spécifiquement pour cibler le frelon asiatique, permet de limiter les captures accidentelles et de concentrer l’action sur l’espèce visée. Une lutte efficace repose autant sur la précision que sur l’intensité.

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Coordonner les efforts pour peser

Le piégeage individuel, s’il est pertinent, atteint rapidement ses limites sans coordination. Les communes, associations d’apiculteurs, collectifs citoyens et agriculteurs doivent mutualiser leurs efforts pour atteindre un effet de seuil. Une action localisée et massive sur une même période permet de saturer l’environnement et de désorganiser les colonies. Ce type de mobilisation a déjà porté ses fruits dans plusieurs départements, avec une baisse mesurable des nids observés au printemps suivant. C’est une stratégie de réduction de la pression, pas une éradication. Mais face à une espèce aussi invasive que le frelon asiatique, ce niveau de maîtrise constitue déjà une victoire opérationnelle.

Source : Media24

Yves Vaugrenard

Portant un regard curieux sur la stratégie médiatique, Yves s’intéresse à l’innovation en communication depuis des années. Son parcours, nourri de collaborations dans des domaines variés, lui a permis de saisir comment les marques peuvent mieux interagir avec leur public. On l’invite souvent à partager ses idées sur les nouvelles tendances médiatiques, où il apporte un éclairage concret et toujours ouvert aux évolutions du secteur.

5 réflexions au sujet de “Des apiculteurs sonnent l’alerte : chaque automne, cette erreur laisse les frelons asiatiques proliférer sans résistance dans des milliers de communes rurales”

  1. Le frelon européen copie l asiatique car il attaque les abeilles de la même façon maintenant ceci depuis cette année , je suis en Normandie

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    • Je confirme, l’européen mime le comportement de l’Asiatique et fait tout autant de dégâts sur un de mes ruchés dans les Landes.

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  2. Je pense que si tous les foyer de france pouvaient piéger les frelons d ici 10 ans on en serait pratiquement débarrassé

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  3. Il n y a déjà plus d argent pour payer les destruction des nids en savoies . Alors que faire . .et les communes ne paye pas non plus …qui paye .

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  4. J’habite dans le Morbihan et je confirme que le frelon européen attaque aussi bien que le frelon asiatique les abeilles depuis vraiment cette année

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