Les banques ont longtemps traqué des fraudeurs humains, identifiables par leurs habitudes. Les agents autonomes déplacent la menace, car la fraude pilotée par l’IA imite désormais le raisonnement d’un client.
L’étude BioCatch, menée auprès de 1 440 professionnels dans 25 pays, éclaire ce basculement avec une précision froide. Pour 2026, 84 % des dirigeants bancaires citent cette vulnérabilité bancaire parmi leurs plus grands risques, et huit institutions sur dix déclarent déjà des attaques d’IA agentique. Derrière, la sécurité financière encaisse sans bruit apparent.
Les agents IA passent au premier rang des risques bancaires
BioCatch a interrogé 1 440 spécialistes de la fraude, de la lutte contre le blanchiment et du risque dans 25 pays. Leur lecture place l’IA agentique devant les autres risques de sécurité attendus en 2026, loin d’un simple sujet de laboratoire.
Le chiffre frappe : 84 % des dirigeants bancaires mondiaux citent ces agents comme vulnérabilité principale. Dans les équipes de conformité bancaire, 88 % jugent déjà que l’IA complique la gestion de la fraude, et 60 % craignent des défenses classiques moins fiables.
Des attaques déjà signalées par huit institutions sur dix
Les signaux ne viennent plus seulement des scénarios prospectifs. BioCatch indique que 80 % des institutions financières interrogées ont déjà signalé des attaques automatisées fondées sur des agents IA, capables d’enchaîner des démarches, de tester des accès et de pousser une opération sans pause humaine.
La menace change de rythme, mais aussi de forme. Les nouvelles méthodes de fraude brouillent les repères des contrôles traditionnels, jusqu’à déplacer la pression vers la détection des anomalies. Parmi les répondants, 72 % redoutent de ne plus distinguer une interaction IA légitime d’une manœuvre malveillante.
Les pertes liées à la fraude s’alourdissent dans les bilans
Les bilans absorbent déjà cette poussée de la criminalité numérique. Dans l’enquête, 81 % des organisations déclarent une hausse des tentatives de fraude en 2026, contre 71 % en 2025, tandis que les pertes progressent pour 76 % d’entre elles, contre 59 % un an plus tôt.
Le seuil des 10 millions de dollars par an devient moins rare. Près de 50 % des banques sondées dépassent ce niveau de pertes financières annuelles; 20 % franchissent 25 millions de dollars et 5 % passent au-delà de 50 millions, signe d’un impact financier majeur.
Le partage de données interbancaires s’impose face aux escroqueries
La réponse esquissée par les dirigeants dépasse le périmètre de chaque établissement. Dans l’échantillon BioCatch, 79 % occupent des postes de direction ou plus, dont 23 % au conseil d’administration, et beaucoup réclament des renseignements interbancaires exploitables en temps réel.
La donnée opérationnelle devient un levier défensif très concret. Pour 86 % des répondants, le partage sur les comptes receveurs lors des transactions interbancaires aiderait à stopper les escroqueries; 85 % y voit aussi un appui direct à la prévention des crimes financiers.