Avec ses batteries tout-solide, Nissan promet un bond technologique : plus d’autonomie, moins d’attente, moins de pollution. Et si le vrai tournant de la voiture électrique venait du Japon ?
Le constructeur japonais vient de dévoiler une avancée qui pourrait changer la donne. Grâce à une nouvelle façon de fabriquer ses batteries, Nissan pourrait diviser les coûts, doubler l’autonomie des voitures électriques et couper l’herbe sous le pied à Tesla, BYD et consorts. Le tout dès 2028.
A lire aussi :
- L’Europe tient peut-être sa revanche : ce moteur électrique sans terres rares ridiculise les géants chinois et américains
- Porsche dégaine un monstre thermique : ce moteur W18 pourrait humilier les V8 et V12 les plus extrêmes
Une idée qu’on pensait trop belle pour être vraie
On en entend parler depuis des années, presque comme une légende urbaine dans le monde de l’électrique : les batteries tout-solide. Plus sûres, plus denses, plus efficaces… mais toujours coincées dans les labos. Trop compliquées, trop chères, trop lentes à produire. Et pourtant, Nissan semble avoir trouvé la clé pour les sortir du fantasme technologique. En remplaçant le liquide conducteur par un matériau solide, la marque japonaise supprime les risques d’explosion, améliore la stabilité thermique et promet une autonomie record. Jusqu’à 1 300 km avec une seule charge. Pour les longs trajets, c’est une petite révolution.
Un partenaire américain pour casser les prix
Mais ce n’est pas juste la technologie qui impressionne. Ce qui fait toute la différence ici, c’est la manière de fabriquer la batterie. Nissan a noué un partenariat stratégique avec LiCAP Technologies, une boîte américaine qui a développé une méthode de production sans solvants. Fini les longues étapes de séchage : cette méthode “à sec” permet de gagner du temps, d’économiser de l’énergie et de réduire l’impact écologique. Et surtout, elle fait baisser les prix. Nissan vise 75 € du kilowattheure, contre environ 110 € aujourd’hui. Une baisse de 30 %, ce n’est pas rien.
Aujourd’hui, la batterie représente entre 30 et 40 % du prix total d’un véhicule électrique.
Un plan de bataille précis jusqu’à 2028
Et ce n’est pas qu’un coup de com’ ou un prototype fumeux. Nissan a déjà ouvert une usine pilote à Yokohama, au Japon. Des batteries test sont sorties de la chaîne. Elles ont passé les premiers contrôles. Et surtout, elles respectent les critères de performance pour une production à grande échelle.
Le calendrier est déjà sur les rails :
- 2024 : construction de la ligne pilote
- 2025 : prototypes validés
- 2026-2027 : lancement des pré-séries
- 2028 : premières voitures avec batteries tout-solide en vente
Nissan joue gros, mais ne semble pas improviser. Chaque étape est chronométrée.

Le spectre chinois dans le rétro
Car pendant ce temps, les géants chinois avancent à toute vitesse. CATL et BYD dominent le marché mondial. À eux deux, ils vendent plus de la moitié des batteries électriques dans le monde. Pour l’Europe comme pour le Japon, cette domination devient un vrai problème stratégique. Avec cette technologie tout-solide, Nissan pourrait briser cette dépendance. L’Europe, qui cherche à relocaliser et à sécuriser ses approvisionnements, regarde de près ce qui se passe. Une batterie plus performante, moins polluante, produite hors de Chine ? Ça coche beaucoup de cases.
Une voiture électrique (vraiment) moins chère
Et là, on parle vraiment à tout le monde. Aujourd’hui, même avec les aides, une voiture électrique reste un luxe pour beaucoup. On est souvent autour de 36 000 à 45 000 €, voire plus. Mais avec cette nouvelle batterie, Nissan vise des modèles autour de 25 000 à 30 000 €. Un prix qui pourrait relancer les ventes, surtout quand les bonus écologiques vont commencer à disparaître. Et tout ça sans rogner sur l’autonomie.
Résumé en chiffres :
| Donnée | Aujourd’hui | Avec la batterie tout-solide |
| Autonomie moyenne | 600 km | 1 200 à 1 300 km |
| Temps de recharge (80 %) | 30 à 40 min | 20 à 25 min |
| Prix moyen d’un VE | 40 000 € | 30 000 € |
| Coût batterie au kWh | 110 € | 75 € |
Des défis qui restent bien réels
Attention, tout n’est pas encore gagné. Pour passer de quelques batteries test à des millions d’unités par an, il faudra adapter les usines, sécuriser les matières premières, et surtout prouver que ces batteries tiennent sur la durée. Autre enjeu : le recyclage. Ces batteries sont différentes, et les filières actuelles ne sont pas encore prêtes. Il va falloir penser à leur fin de vie dès maintenant, pour éviter de créer un nouveau casse-tête environnemental. Et puis, il faut convaincre tout un écosystème équipementiers, constructeurs, États de jouer le jeu. Une innovation technologique sans filière solide, c’est comme une voiture sans roues.
Le début d’une guerre mondiale des batteries
On assiste à une vraie course planétaire. Chaque constructeur, chaque pays veut être le premier à industrialiser cette technologie. Japon, Chine, Corée, Allemagne, États-Unis… tous mettent des milliards sur la table.
Qui vise quoi ? Petit récap :
| Marque | Date visée | Part de marché actuelle |
| Nissan (Japon) | 2028 | – |
| Toyota (Japon) | 2027 | 3,7 % |
| Honda (Japon) | 2027-2028 | – |
| BYD (Chine) | 2027 | 25 % |
| CATL (Chine) | 2027 | 30 % |
| Quantumscape (USA) | 2026 | – |
| SAIC Motor (Chine) | 2026 | – |
Ce que Nissan propose ici, c’est plus qu’une batterie. C’est une tentative de reprise en main par un acteur historique de l’auto, face à une révolution électrique déjà bien entamée… mais encore loin d’être stabilisée.