Il gagne 4 000 € par mois en maquillant des morts : vous pourriez faire pareil.
Ce n’est pas un métier qu’on aborde à table. Encore moins avec des enfants. Pourtant, des milliers de familles en France lui doivent un dernier moment d’apaisement. Dans l’ombre, sans décor ni musique, il prépare les corps. Il ne fait pas de miracle, il restaure. Dans son salon funéraire ou à l’hôpital, il transforme la mort en silence supportable.
Et oui, il est payé. Très correctement même : jusqu’à 4 000 € par mois. Mais accrochez-vous ! Car pour faire ce boulot, il faut avoir le cœur accroché et la tête froide.
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Une préparation qui n’a rien d’un simple brushing
On parle ici de thanatopraxie. Pas de soin beauté, pas de massage relaxant. Il s’agit de ralentir la décomposition d’un corps humain, parfois plusieurs jours après la mort, pour permettre aux familles un dernier regard digne.
Le thanatopracteur intervient dès la sortie du défunt de la chambre mortuaire. Il commence par une toilette complète, désinfecte chaque zone, nettoie avec rigueur. Puis vient l’injection de produits conservateurs via le système artériel. Ce n’est pas pour les âmes sensibles : on travaille sur des veines ouvertes, avec une précision millimétrique. Ensuite, il faut rendre une apparence humaine à ce qui ne l’est plus : habillage, maquillage, parfois reconstruction de parties abîmées.
Ces gestes prennent en moyenne entre 1h30 et 2h. Chaque fois, l’objectif est le même : redonner de la paix aux vivants, en donnant une dernière image apaisée du défunt.
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Il ne suffit pas d’aimer le calme et le silence
Avant d’empocher ses 4 000 € mensuels, il faut s’armer. Pas d’un scalpel, non. D’une formation exigeante et d’un mental d’acier.
Le diplôme national de thanatopracteur se mérite. Il faut :
- Être majeur et titulaire du bac
- Présenter un casier judiciaire vierge
- Être déclaré apte par un médecin
Ensuite, c’est 40 jours de théorie, encadrés par des médecins légistes et des professionnels du funéraire. Puis un an de stage pratique, pendant lequel le futur praticien doit réaliser au moins 75 soins, sous supervision.
Coût de la formation : environ 4 500 €
Aides possibles : Compte Personnel de Formation (CPF)
Une fois diplômé, l’accès à l’emploi est rapide. Il faut dire que la demande est là, et qu’il y a peu de candidats. À peine 1 200 professionnels en France. En majorité des femmes, aujourd’hui.
Entre seringue et empathie : le quotidien sans filtre
Le thanatopracteur ne se contente pas d’un rôle technique. Il croise le regard des familles, souvent brisé. Il entend les questions qu’on n’ose pas poser. Il sent le silence des parents qui ne comprennent pas comment la vie s’est arrêtée là.
Les lieux d’intervention sont variés :
- Funérariums privés
- Chambres mortuaires hospitalières
- Domiciles (sous conditions sanitaires très strictes)
- Entreprises de pompes funèbres
Ce n’est pas un 9h-17h. Il peut être appelé le soir, tôt le matin, les week-ends. Il doit transporter ses produits, respecter des règles d’hygiène rigoureuses, parfois travailler en environnement instable émotionnellement. Et surtout, ne jamais craquer devant les familles.
| Lieu d’exercice | Conditions |
|---|---|
| Pompes funèbres | Cadre structuré, rythme soutenu |
| Hôpital | Proximité avec le médical, urgences fréquentes |
| À domicile | Rare, très encadré légalement |
Combien ça rapporte exactement ?
Tout dépend du statut. Le débutant salarié touche environ 1 500 € nets par mois, ce qui reste correct pour un métier sans diplôme universitaire. En libéral ou après quelques années d’expérience, on peut atteindre 4 000 € nets, voire un peu plus selon la région et le volume de soins.
Les professionnels aguerris peuvent aussi :
- Devenir formateur
- Monter leur propre entreprise de pompes funèbres
- Endosser le rôle de maître de cérémonie ou conseiller funéraire
Une reconversion complète est également possible vers le secteur médico-social, avec des passerelles vers l’accompagnement au deuil ou l’accueil en maison de soins.
Voici une estimation des revenus selon le profil :
| Statut | Rémunération mensuelle moyenne |
|---|---|
| Débutant salarié | 1 500 € nets |
| Employé expérimenté | 2 500 € nets |
| Indépendant confirmé | 4 000 € nets |
Un métier qui attire de plus en plus de femmes
Il y a 20 ans, la profession était quasi exclusivement masculine. En 2025, 60 % des nouveaux diplômés sont des femmes. L’image du métier a changé. On y voit de la maîtrise, du soin, de l’accompagnement. Certaines viennent du secteur de la santé ou du social, d’autres cherchent simplement un métier avec du sens.
Les profils sont variés : anciens infirmiers, aides-soignants, reconversions après burn-out ou chômage, étudiants en quête de stabilité.
L’État commence à structurer la filière, avec de meilleures normes sanitaires, un cadre réglementaire plus strict, et une demande constante liée à l’évolution démographique du pays.
Ce que vous devez retenir si vous y pensez sérieusement
Il ne suffit pas d’aimer le calme ou de ne pas craindre la vue du sang. Il faut :
- Une maîtrise technique
- Une endurance mentale
- Une empathie discrète
- Une discipline stricte
Les soins ne s’improvisent pas. Les corps ne sont pas des mannequins. Et les familles attendent qu’on respecte la mémoire, pas qu’on déroule une routine.
C’est un métier à part, à la frontière entre médecine, psychologie, artisanat et accompagnement social. Il ne fait pas la Une des journaux, ne figure pas dans les fiches ONISEP les plus lues, et pourtant, il répond à l’une des questions les plus intimes que pose la mort : « Et maintenant, on fait quoi ? »