Fatigue oculaire, sommeil fragmenté, pression des notifications, les écrans pèsent désormais sur le quotidien des Français. Beaucoup commencent à questionner leur présence en ligne et à chercher des respirations numériques.
Selon un sondage Ipsos-CESI, 76 % des Français déclarent connaître la pause numérique et environ 19 % l’ont déjà expérimentée. Cette mise à distance transforme leurs usages numériques quotidiens, ajuste le rapport aux écrans au profit d’un repos physique et mental, s’apparente à une déconnexion volontaire et devient pour certains une résolution bien-être centrée sur le sommeil et la sérénité.
Une pratique encore minoritaire mais bien identifiée
L’étude Ipsos bva‑CESI école d’ingénieurs réalisée via la plateforme Ipsos.Digital du 9 au 12 janvier 2026 auprès de mille personnes âgées de 18 à 75 ans indique que la pause numérique s’est installée dans le langage des Français. Plus de sept personnes sur dix en ont entendu parler, et la notoriété du concept atteint 76 %, selon des résultats rendus publics à Paris le 26 janvier 2026.
En pratique, le phénomène reste mesuré, car 19 % déclarent avoir essayé une pause numérique, avec 24 % chez les 18‑34 ans, généralement décrits comme générations connectées. La plupart s’arrêtent à quelques jours, mais 31 % prolongent la durée des pauses jusqu’à une semaine ou davantage dans leur quotidien connecté.
- 57 % ont entendu parler de la pause numérique sans encore l’expérimenter, ce qui illustre un taux d’adoption encore modeste.
- 24 % déclarent n’en avoir jamais entendu parler.
- Parmi les pratiquants, 69 % se limitent à quelques jours de déconnexion.
- 31 % des pratiquants testent une semaine ou davantage sans écrans.
Quels bénéfices les Français retirent de la déconnexion ?
Les répondants qui ont tenté l’expérience décrivent une rupture salutaire avec le flux numérique permanent. Après leur pause, 82 % jugent leur temps libre et leurs loisirs de meilleure qualité, ce qui nourrit une qualité de vie perçue plus satisfaisante et une véritable réduction du stress au quotidien.
Sur le plan psychologique, 71 % des sondés constatent une meilleure santé mentale, avec moins d’anxiété. Ils sont 70 % à signaler une claire amélioration du sommeil, et 60 % à parler de relations sociales renforcées, notamment au sein du couple ou de la famille.
Réseaux sociaux, actualité, streaming : les usages dans le viseur
Selon l’enquête Ipsos et CESI réalisée du 9 au 12 janvier 2026, les Français ciblent en premier les réseaux sociaux lorsqu’ils décident de faire une pause numérique. Pour 73 % des répondants, la réduction des usages passe par une limitation des écrans, avec désactivation des notifications, suppression d’applications jugées trop intrusives et contrôle plus strict du temps passé en ligne quotidien. Facebook, Instagram, TikTok ou X se retrouvent ainsi en première ligne, loin devant les autres supports numériques.
Les autres usages arrivent encore derrière les réseaux sociaux. Parmi eux, bien 41 % réduisent leur consommation d’actualités, 36 % le divertissement vidéo, 35 % les jeux vidéo et 24 % les e‑mails professionnels hors horaires de travail.
La pause numérique rivalise avec le dry january
La sobriété numérique s’installe désormais aux côtés du Dry January dans les résolutions de janvier. L’étude d’Ipsos pour CESI indique que 64 % des Français se disent prêts à tenter une forme de déconnexion, inscrite dans la vague des défis de début d’année actuels. Pour 29 %, cela passe par une démarche informelle, sans application dédiée, afin de tester un véritable changement d’habitudes sans rompre totalement avec les outils numériques.
Autres formats émergent. 18 % choisissent journée sans écran, 16 % moins de deux heures jour, tandis que l’engagement des 18-34 ans se partage entre 23 % une pause partielle, 22 % suivant leur temps d’écran et 36 % réfractaires.
Enjeu de santé publique et débat politique autour des écrans
Médecins, associations de parents et chercheurs signalent désormais les effets du temps d’écran sur le corps et l’équilibre psychique. Ils lient troubles du sommeil, irritabilité et repli social à une santé mentale numérique fragilisée, et voient dans les périodes de déconnexion un levier simple pour alléger ces tensions.
Cette alerte médicale nourrit un débat politique, où maires, parlementaires et gouvernement interrogent le rôle de la loi. Entre projets d’encadrement des réseaux sociaux, dispositifs de protection des mineurs et réflexion sur une régulation des usages, la place des écrans s’invite au cœur des politiques publiques.