Le retour des flashs visibles près des passages cloutés et carrefours est en marche. Officiellement, c’est pour éduquer. Mais en coulisses, une nouvelle stratégie de surveillance massive s’installe dans nos villes.
Pendant que les automobilistes croyaient avoir dompté le système, l’État prépare une armée de 5 000 nouveaux radars surpuissants, visibles, mais surtout bien plus polyvalents que leurs prédécesseurs. Et dès 2026, impossible d’y échapper.
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Une stratégie « pédagogique » bien rodée
Derrière le joli mot d’éducation routière, le gouvernement planifie un véritable maillage de radars intelligents sur tout le territoire. Objectif ? Réintroduire des flashs visibles comme au bon vieux temps. Loin d’être un retour en arrière, cette manière de signaler les infractions vise à conditionner le comportement des conducteurs en temps réel, en leur faisant prendre conscience de leur infraction sur-le-champ.
Un calendrier très ambitieux
Selon les documents budgétaires annexes de 2026, le plan vise à déployer 4 200 radars fixes visibles d’ici fin 2026, puis jusqu’à 5 000 caméras supplémentaires installées par les collectivités locales d’ici 2035. Ce sont les maires, via la loi 3DS de décentralisation, qui peuvent maintenant commander et faire poser ces dispositifs, financés via des appels d’offres gérés par l’UGAP.
| Étapes clés | Nombre de radars concernés | Date prévue |
| Remplacement des anciens radars | 1 500 | Dès 2026 |
| Installation radars « tourelles » | 1 552 | Dès 2026 |
| Nouvelles caméras urbaines | 350 | 2026 – 2035 |
| Caméras locales (mairies) | Jusqu’à 5 000 | 2026 – 2035 |
Des modèles capables de tout voir
Les nouveaux dispositifs ne se contenteront plus de flasher un excès de vitesse. Ils pourront détecter le passage au feu rouge, le non-respect des stop, la conduite en sens interdit, l’emprunt d’une voie réservée, le non-port du casque ou encore l’usage abusif des pistes cyclables. Et ce n’est qu’un début. Certains modèles permettent d’accumuler jusqu’à 5 types d’infractions.
Les voitures radar resteront-elles anonymes ?
Pour l’instant, rien ne dit que les voitures radar banalisées adopteront ce flash visible. Présentes dans presque toutes les régions hors Île-de-France et Corse, elles poursuivront probablement leur méthode discrète. Mais face à la demande de transparence et de pédagogie, l’idée d’un signal visuel n’est pas exclue à long terme.
Un changement d’état d’esprit
Le Département du contrôle automatisé (DCA) a changé de cap. Finie la stratégie de l’incertitude : on revient à la prévention visible. Les fabricants de radars devront dès 2026 inclure un module de notification par flash. Ce système sera appliqué à des radars tourelles déployés depuis 2019, mais aussi aux dispositifs discriminants et urbains.
Des sanctions plus nombreuses, mais contestables
En 2024, 14,2 millions d’amendes ont été émises par des radars fixes, dont 13,9 millions pour excès de vitesse. Si le chiffre baisse par rapport à 2023, c’est principalement à cause du vandalisme qui touche certaines installations. Mais la reprise en main du réseau radar en 2026 devrait relancer la machine. Les recettes restent colossales : 889 millions d’euros encaissés.
Une technologie intrusive mais assumée
Derrière cette vague de modernisation, le contrôle du comportement routier entre dans une nouvelle ère. Si vous êtes flashé, c’est pour vous « éduquer ». Mais il s’agit aussi d’un système automatisé de collecte de données, capable de reconnaître vos plaques, votre type de véhicule, et bientôt vos habitudes de conduite. Bienvenue dans la mobilité version Big Brother.