Ce drone solaire conçu dans un garage bouleverse les certitudes de l’aéronautique : il vole sans batterie et sans limite tant que le soleil brille intéressant les géants du secteur

Ecrit par Yves Vaugrenard

Ce drone solaire conçu dans un garage bouleverse les certitudes de l’aéronautique : il vole sans batterie et sans limite tant que le soleil brille intéressant les géants du secteur

Un drone sans batterie qui vole grâce au soleil ? C’est désormais une réalité. Deux inventeurs ont conçu un engin capable de rester en l’air aussi longtemps que le ciel reste dégagé. Un défi technique relevé sans aucun soutien industriel, avec une ambition claire : réinventer les règles de l’aéronautique légère.

Propulsé uniquement par l’énergie du soleil, cet engin conçu par un père et son fils repousse les limites de ce qu’on pensait possible en drone. Sans batterie, sans supercondensateur, ce projet réalisé dans un simple garage fait trembler les géants du secteur. Car derrière ce prototype fragile se cache peut-être l’avenir de l’aviation légère autonome.

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Une ambition solaire née dans un garage familial

Dans leur atelier improvisé, Luke et Mike Bell ont décidé de relever un défi insensé : faire voler un drone sans batterie. Leur objectif ? Alimenter directement les moteurs avec des panneaux photovoltaïques montés à la main. Là où les projets professionnels utilisent généralement des batteries rechargeables, eux ont tout bonnement décidé de s’en passer.

Résultat : un appareil ultraléger, propulsé par 27 cellules solaires connectées en série, pour un total de 150 watts produits en plein soleil. C’est peu, mais suffisant pour alimenter les moteurs si l’ensemble du système reste le plus léger possible. Une équation délicate entre poids, puissance et exposition solaire.

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Une structure carbone pensée pour l’ultraléger

Pour maximiser l’efficacité de leur prototype, les deux ingénieurs amateurs ont utilisé une armature en carbone tubulaire de 3 mm, un matériau à la fois rigide et ultra léger. Les bras du drone, en X, soutiennent les rotors, les contrôleurs de vol et les panneaux solaires — fixés sur une plateforme spécialement construite. Les hélices de 45 cm (soit 18 pouces) sont issues de la gamme professionnelle T-Motor. Ces composants, associés à des moteurs Antigravity, assurent une portance suffisante pour maintenir le drone en vol tant que l’ensoleillement est bon. Le tout pèse à peine quelques kilogrammes.

Premier vol : une réussite en plein ciel dégagé

Après plusieurs essais au sol, le moment de vérité arrive. Les Bell chargent le drone dans leur véhicule et s’éloignent de la ville pour trouver un champ dégagé. Objectif : valider que le système peut générer assez d’énergie en temps réel pour rester en l’air. Le vol est un succès. Le drone décolle, stabilisé par ses moteurs légers et son contrôleur de vol 100 % custom. Sans batterie ni condensateur, c’est le soleil seul qui maintient l’appareil en l’air. Pas de carburant, pas de recharge, juste une conversion directe de l’énergie solaire en propulsion mécanique.

Le panneau solaire fournit suffisamment d'énergie pour alimenter directement les moteurs du drone. (Source : Luke/Mike Bell)
Le panneau solaire fournit suffisamment d’énergie pour alimenter directement les moteurs du drone. (Source : Luke/Mike Bell)

Un précédent : record mondial de vitesse pulvérisé

Avant ce projet solaire, la famille Bell avait déjà fait parler d’elle. En 2023, leur drone Peregreen 2 avait atteint la vitesse record de 480 km/h, décrochant une première certification Guinness World Record. Mais cette prouesse a vite été battue. En 2024, l’étudiant italien Samuele Gobbi propulse son drone à 557,64 km/h. Les Bell ne tardent pas à réagir : avec leur Peregreen 3, ils s’envolent à 585 km/h, enregistrant un nouveau record officiel à 570 km/h de moyenne. La performance a été réalisée à Dubaï, lors d’un événement dédié.

Un prototype fragile, mais prometteur

Le prototype solaire, lui, est loin de ces démonstrations de vitesse. Il n’est pas conçu pour battre des records, mais pour tester les limites de l’autonomie sans stockage d’énergie. Les panneaux utilisés sont si fragiles qu’un simple choc les détruit — y compris, dans un moment cocasse, un saut du chat de la famille. Chaque panneau pèse à peine quelques grammes. Ils sont connectés en série pour maximiser la tension, mais au moindre nuage, la puissance chute drastiquement. Résultat : ce drone ne peut voler que par beau temps, et ne supporte pas les vents violents.

Le drone, alimenté à 100 % par l'énergie solaire, s'est montré un peu instable lors des tests, mais il a bien volé sans batteries ni condensateurs. (Source : Luke/Mike Bell)
Le drone, alimenté à 100 % par l’énergie solaire, s’est montré un peu instable lors des tests, mais il a bien volé sans batteries ni condensateurs. (Source : Luke/Mike Bell)

Une technologie encore loin d’un usage commercial

Soyons clairs : ce type de drone n’est pas prêt pour un usage industriel. Il ne peut ni voler la nuit, ni transporter des charges utiles, ni affronter des conditions météorologiques complexes. Mais c’est une démonstration brillante de ce qu’on peut obtenir avec des moyens limités et une idée forte. Des projets similaires, souvent financés par des laboratoires universitaires ou des agences spatiales, ont tenté de faire voler des drones solaires avec stockage. Mais ici, les Bell éliminent totalement les batteries, réduisant le poids et les risques d’incendie.

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Vers une nouvelle génération d’engins autonomes

Ce type de drone ouvre la voie à une nouvelle génération d’appareils capables de voler indéfiniment, tant que les conditions météo sont réunies. Imaginez des relais télécoms solaires flottant dans le ciel, ou des capteurs environnementaux autonomes sur des zones inhabitées. Si les composants deviennent plus robustes, si le rendement des cellules grimpe encore, alors ces machines sans batterie pourraient occuper un nouveau segment du marché. Surveillance, environnement, secours… tout cela, sans carburant, sans recharge, juste avec le soleil.

Tableau récapitulatif des records de vitesse

Drone Année Vitesse maximale (km/h) Record Guinness validé
Peregreen 2 2023 480 Oui
Fatboy 2 (Gobbi) 2024 557,64 Oui
Peregreen 3 2025 585 (570 km/h validés) Oui

 

Source : Chaîne Youtube LukeMaximoBell

Yves Vaugrenard

Portant un regard curieux sur la stratégie médiatique, Yves s’intéresse à l’innovation en communication depuis des années. Son parcours, nourri de collaborations dans des domaines variés, lui a permis de saisir comment les marques peuvent mieux interagir avec leur public. On l’invite souvent à partager ses idées sur les nouvelles tendances médiatiques, où il apporte un éclairage concret et toujours ouvert aux évolutions du secteur.

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