Le Sénat a adopté le projet de loi par 297 voix contre 33. Sous l’étiquette d’une actualisation militaire, le texte redessine déjà le rapport entre ambitions stratégiques et discipline financière.
La majorité sénatoriale a accepté le volume global de 436 milliards d’euros pour 2024-2030. La cadence des crédits budgétaires est pourtant remodelée pour peser sur les choix de l’exécutif. Derrière les arbitrages comptables, l’effort de réarmement s’élargit aux forces, aux réserves et à la préparation du pays. Le compromis s’annonce rugueux.
Un vote large malgré une trajectoire financière remaniée
Au Palais du Luxembourg, le Sénat a adopté le projet d’actualisation de la programmation militaire 2024-2030 par 297 voix contre 33. La décision, prise en première lecture, donne un relief politique au vote sénatorial.
Les sénateurs ont pourtant écarté la trajectoire financière initiale, qui ajoutait 36 milliards d’euros aux moyens prévus. La mission défense atteindrait 436 milliards d’euros sur la période, avec des dépenses de défense fixées à 2,7 % du PIB en 2030.
Des capacités militaires renforcées sur terre, en mer et dans les airs
Sur les équipements, le Sénat a privilégié des décisions visibles, destinées à combler des retards capacitaires. Les études préparant le successeur du char Leclerc devraient être lancées dès 2026, avec une cible à l’horizon 2035.
- Études pour un futur char lourd.
- Commandes aériennes et navales accrues.
- Catalogue national de drones fiables.
- Dispositifs de lutte anti-drones mieux identifiés.
Les ajouts touchent aussi l’aviation de combat et la flotte de surface. Ils prévoient 20 avions Rafale pour l’Armée de l’Air, 10 pour la Marine nationale et 3 frégates supplémentaires, avec un cadre d’achat plus lisible pour les drones de confiance.
Réserves, alerte nationale et service volontaire entrent dans le texte
Le volet normatif élargit le champ du projet au-delà des seuls matériels. Un état d’alerte de sécurité nationale serait créé, tandis qu’une réserve sanitaire pourrait être mobilisée face à une catastrophe ou à une menace sanitaire majeure.
Les communes participeraient au dispositif via un correspondant défense choisi parmi les conseillers municipaux. La réserve opérationnelle serait ouverte à des étrangers spécialistes, et un service volontaire concernerait les Français de 18 à 25 ans, avec 10 000 appelés visés en 2030.
Le Sénat impose sa marque avant la recherche d’un compromis
Après l’adoption avec modifications, le dossier repart vers l’Assemblée nationale. La navette parlementaire doit trancher les écarts nés au Sénat, sauf accord rapide au sein d’une commission mixte paritaire.
La Chambre haute a posé ses jalons sur les crédits, les équipements et les nouvelles obligations. Reste à savoir si le Gouvernement et les députés accepteront un compromis législatif intégrant ces apports, sans défaire l’équilibre financier recherché autour des 436 milliards d’euros.