En 2025, 164,4 millions d’euros laissés de côté sur des produits financiers ont retrouvé leurs propriétaires. Ce total dit moins l’oubli que déménagements, décès, changements de banque ou papiers perdus.
Le plus déroutant tient au silence du système. Après quelques années, des comptes inactifs et des sommes en déshérence sont transférés à la Caisse des dépôts, où les titulaires ou leurs ayants droit peuvent encore réclamer l’argent, sans message automatique ni rappel personnel. Puis tout s’arrête si personne ne fait la démarche à temps.
Pourquoi autant d’argent reste sur des comptes inactifs
Un changement d’adresse, un décès mal signalé ou un vieux relevé égaré suffisent à faire sortir une somme du paysage familial. Dans la pratique, un compte ouvert pour un enfant devient parfois un livret d’épargne oublié, tandis qu’après une succession, une assurance vie non réclamée reste hors de vue durablement pour les proches.
Le classement en compte inactif ne vient pas d’un jour à l’autre ; il découle d’années sans trace utile. Quand une absence de mouvement se prolonge et qu’un titulaire introuvable ne répond plus, les fonds sont transférés. En 2025, 164,4 millions d’euros ont été rendus à des Français par ce biais.
Ciclade, le service en ligne pour vérifier une somme oubliée
Depuis 2017, la Caisse des dépôts centralise ces sommes et propose un outil simple pour les retrouver sans écrire à chaque banque. Son service Ciclade permet une recherche en ligne à partir de quelques données, puis affiche si des avoirs peuvent vous concerner directement ou non.
La démarche se fait sur le portail officiel, avec un formulaire et des pièces selon le dossier. Vous renseignez vos informations personnelles puis, si une correspondance apparaît, déposez une demande sans frais. En 2025, 200 000 dossiers ont été ainsi enregistrés, avec 943 euros restitués en moyenne.
Qui peut demander la restitution et pour quels montants
Le titulaire d’un compte, un ayant droit ou un professionnel mandaté peut lancer la recherche d’une somme oubliée après un décès ou une succession. Dans ce cas, les héritiers concernés déposent un dossier pour un livret ancien, un compte perdu de vue ou une assurance vie inactive.
La restitution, accordée sans frais après validation, couvre des montants très variés, de quelques euros à plusieurs milliers. En 2025, la Caisse des dépôts a reçu 200 000 demandes, avec un montant moyen restitué de 943 euros. Selon les dossiers, le notaire en charge peut aussi intervenir au cours d’une succession complexe.
Dix ans, vingt ans, puis l’État : les délais à connaître
Lorsqu’aucun mouvement n’apparaît et que le titulaire ne répond plus, la banque conserve les fonds pendant une période encadrée. Passé le délai d’inactivité, fixé en général à dix ans, l’argent part par transfert à la CDC, la Caisse des dépôts, sans nouvelle action du titulaire.
En 2025, 758 000 comptes et contrats y ont été envoyés, pour 671 millions d’euros. Vingt ans après ce dépôt, l’absence de réclamation entraîne le versement à l’État et aux collectivités d’outre-mer. Cette année-là, 89 millions d’euros ont suivi cette voie, sans retour possible pour les titulaires ou leurs héritiers directs.