Le prochain sous-marin après Barracuda est déjà dans les plans de Naval Group et de la DGA

Ecrit par Yves Vaugrenard

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Trois Barracuda sont déjà en service, les autres avancent à Cherbourg, et Naval Group regarde pourtant plus loin, vers un sous-marin qui ne verra pas la mer avant des années.

Ce tempo n’a rien d’un luxe. Il répond à la relève des SNA, à un cycle industriel long et à la nécessité d’une continuité capacitaire, afin d’éviter les creux de flotte comme l’érosion des savoir-faire, alors que les menaces changent plus vite qu’une coque.

Pourquoi la relève des Barracuda se prépare si tôt

Chez Naval Group, penser le sous-marin d’après n’a rien d’un caprice. Vincent Martinot-Lagarde a confié à actu.fr qu’en 1991, à son arrivée sur le programme, un collègue travaillait déjà sur le bâtiment suivant. Le projet Smaf a ensuite été lancé en 1996.

Ce décalage dit tout : entre études, arbitrages et essais, la gestation des programmes s’étire sur des décennies. Entré en service en juin 2022, le Suffren affiche une durée de vie opérationnelle longue ; préparer le retrait du Suffren bien avant l’échéance relève donc d’une anticipation militaire très classique pour la DGA, la Marine nationale et l’industriel.

Six SNA à livrer, et déjà l’après-Suffren s’impose

Le programme Barracuda doit fournir six sous-marins nucléaires d’attaque à la Marine nationale. Trois sont déjà admis au service actif : le Suffren depuis 2022, puis le Duguay-Trouin et le Tourville. Cette montée en puissance dessine déjà l’horizon de l’après, sans attendre la fin des constructions.

À Cherbourg, Naval Group assemble encore le De Grasse, le Rubis et le Casabianca. Avec des livraisons à Cherbourg annoncées jusqu’en 2029 pour le dernier, et la classe Rubis attendue hors flotte en 2027, le futur SNA 3G vise un passage de relais propre pendant que la classe Suffren tient la mer.

Entre souveraineté, menaces nouvelles et choix technologiques

À Paris, la Direction générale de l’armement confirme que des travaux préparatoires sont engagés sur le successeur du Barracuda. La démarche ne vise pas un dessin figé aujourd’hui ; elle sert plutôt à cadrer les options, les calendriers et les besoins militaires qui se profilent.

Cette réflexion répond à une préoccupation simple : ne pas laisser le prochain cycle partir trop tard. La France veut garder sa souveraineté industrielle, mieux lire les menaces futures, tester des ruptures technologiques et fixer une feuille de route avant que les derniers Barracuda n’approchent leur fin de carrière, comme pour les SNLE de la classe Le Triomphant déjà pensés à partir de 2037.

À Cherbourg, préserver les compétences pèse autant que le calendrier

Sur le site de Cherbourg, la question n’est pas seulement industrielle, elle est humaine. Naval Group garde le souvenir de la fin du programme SNLE de deuxième génération, qui avait entraîné des départs et une perte de compétences difficile à reconstituer dans les ateliers.

L’entreprise a donc lancé en 2018 une démarche de transmission. Avec le savoir-faire naval, des passeurs de savoir entretiennent la continuité des équipes, tandis que la charge industrielle doit rester soutenue entre deux cycles ; le coût du programme Barracuda, autour de 10 milliards d’euros, rappelle l’ampleur de l’enjeu.

Yves Vaugrenard

Portant un regard curieux sur la stratégie médiatique, Yves s’intéresse à l’innovation en communication depuis des années. Son parcours, nourri de collaborations dans des domaines variés, lui a permis de saisir comment les marques peuvent mieux interagir avec leur public. On l’invite souvent à partager ses idées sur les nouvelles tendances médiatiques, où il apporte un éclairage concret et toujours ouvert aux évolutions du secteur.

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