Starlink et Air France s’associent : la SNCF optera-t-elle pour la souveraineté avec Greenerwave ?

Ecrit par Yves Vaugrenard

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Starlink s’invite dans les cabines d’Air France, promettant un flux ininterrompu jusque dans le ciel. La SNCF envisagera-t-elle plutôt le partenariat Air France ou une connexion en mobilité capable d’échapper aux satellites ?

Pour les passagers du TGV, regarder un film ou animer une réunion vidéo paraît désormais aller de soi. Or, privée d’une constellation en orbite dialoguant avec une infrastructure numérique française résiliente, cette promesse reste fragile, préviennent les ingénieurs de Greenerwave.

La course au haut débit dans les transports français

Air France a officiellement retenu Starlink afin de proposer un accès Internet rapide dans ses cabines, ouvrant un débat immédiat sur l’avenir numérique des trains hexagonaux. Deux jours après cette annonce, la SNCF confirme avoir lancé des tests pour équiper ses TGV d’une connexion stable, condition sine qua non pour des voyages professionnels ou familiaux fluides.

Dans ce contexte, le haut débit ferroviaire devient un critère de compétitivité : les voyageurs veulent réserver un VTC, suivre un cours en ligne ou tenir une visioconférence sans coupure entre Paris et Lyon. En filigrane apparaît déjà un choix de souveraineté, car la solution retenue décidera où seront traitées les données et sous quelles lois elles seront protégées.

« Nous avons, en France, toutes les briques technologiques pour connecter nos trains sans dépendre de constellations étrangères. »

Geoffroy Lerosey

Dans les bureaux parisiens de la compagnie ferroviaire, les ingénieurs évaluent actuellement une solution par satellite capable de soutenir cinquante rames fonctionnant simultanément sur les axes à grande vitesse. L’objectif reste clair : maintenir les passagers toujours connectés tout en traitant les flux de données selon des protocoles conformes aux enjeux de sécurité numérique que fixe l’ANSSI. La dimension réglementaire prend de l’ampleur, car Bruxelles lancera, fin 2024, IRIS² ; rejoindre ce programme européen offrirait des liaisons protégées et mutualiserait les coûts d’exploitation. Les premiers retours d’expérience, attendus pour le second semestre 2025, pèseront lourdement avant l’ouverture des nouvelles lignes Bordeaux-Marseille et Roissy-Normandie.

Industrie nationale : l’atout technologique de Greenerwave

Créée en 2015, Greenerwave présente désormais un terminal dont la caractéristique centrale réside dans une antenne passive intelligente dénuée de moteurs et de composants actifs. Ce parti pris réduit la consommation d’énergie jusqu’à dix fois, performance vérifiée lors d’essais climatiques compris entre –40 °C et +60 °C. En parallèle, l’entreprise accélère sa production industrielle en France, mobilisant deux sites à Paris et Toulouse pour sécuriser l’approvisionnement et générer des emplois qualifiés.

À l’inverse, le matériel électronique de type ESA exige encore des circuits venus d’Asie, allongeant les délais logistiques tout en renforçant une dépendance stratégique jugée risquée par la DGA.La jeune pousse parisienne mise sur la sobriété énergétique embarquée afin de convaincre avionneurs, armées et exploitants ferroviaires : une puissance inférieure à 20 W suffit pour maintenir un lien Ka-band quelles que soient les latitudes traversées.

Grâce à sa compatibilité multiorbite, l’antenne commute automatiquement entre LEO et GEO, avantage confirmé depuis le contrat de plus de 10 M€ signé en 2024 avec les Forces armées françaises, sous maîtrise d’œuvre Airbus Defence and Space et en partenariat avec Eutelsat-OneWeb. Greenerwave démontre ainsi qu’une filière nationale intégrée, du composant au service, n’est plus une perspective mais une réalité opérationnelle.

Yves Vaugrenard

Portant un regard curieux sur la stratégie médiatique, Yves s’intéresse à l’innovation en communication depuis des années. Son parcours, nourri de collaborations dans des domaines variés, lui a permis de saisir comment les marques peuvent mieux interagir avec leur public. On l’invite souvent à partager ses idées sur les nouvelles tendances médiatiques, où il apporte un éclairage concret et toujours ouvert aux évolutions du secteur.

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