Le journaliste allemand Günter Wallraff expérimente le racisme au quotidien

En se mettant dans la peau des exclus, le célèbre journaliste Günter Wallraff met à nu l’inconscient d’une certaine Allemagne blanche et raciste.

En 1961, John H. Griffin publiait Dans la peau d’un Noir : un voyage au bout de l’enfer sudiste américain, où l’auteur grimé en Afro-Américain exposait la présence d’un racisme névrotique généralisé.

Cinquante ans après, le journaliste allemand Günter Wallraff, devenu célèbre en 1986 avec son enquête Tête de Turc, se met à son tour dans la peau d’un Noir (celle d’un immigré somalien) traversant l’Allemagne d’ouest en est durant un an. Son voyage en Allemagne n’a rien à envier à celui de Griffin en Amérique : le même effroi s’en dégage.

Quelque chose d’éprouvant transpire tout au long du documentaire, mettant à nu une réalité insoupçonnée à défaut d’être insoupçonnable. Plus qu’elle ne se libère, la parole se défoule ici dans toute sa monstruosité : la peur, le préjugé, la haine affleurent sans cesse, dans le regard et la voix de nombreux Allemands blancs, de tous âges, agents immobiliers, supporters de foot, randonneurs, patrons de bar…

Eprouver pour comprendre

Le racisme est au coin de la rue, Wallraff mesure avec effarement l’étendue du mal. Filmé en caméra cachée par deux complices mêlés à de multiples situations concrètes – la recherche d’un appartement, la discussion au café, une promenade dans la rue, une sortie en boîte de nuit… –, le journaliste indésirable met son travestissement au profit d’une révélation sociologique inavouable, déjà déployée dans son dernier livre Parmi les perdants du meilleur des mondes (La Découverte).

Pour comprendre, l’auteur a toujours eu besoin d’éprouver : se faire jeter d’un café ou d’un bus parce qu’on est noir, il faut le vivre pour le croire. Le déguisement a la puissance d’un subterfuge démoniaque qui met à nu une réalité sociale, partielle mais tenace. Le costume et le maquillage révèlent les seuls et vrais artifices : ceux d’une société qui se cache à elle-même ses propres vices. ©LesInrocks

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