Hollywood redonne vie en couleur au « Voyage dans la lune » de Méliès

Donnée pour perdue, la version couleur du « Voyage dans la lune » de Georges Méliès a finalement été « ramenée d’entre les morts » grâce à un long processus de restauration finalisé à Hollywood et présenté à Cannes mercredi.

LOS ANGELES — Donnée pour perdue, la version couleur du « Voyage dans la lune » de Georges Méliès a finalement été « ramenée d’entre les morts » grâce à un long processus de restauration finalisé à Hollywood, dont le résultat doit être présenté mercredi en ouverture du festival de Cannes.

« On ne peut pas vraiment parler d’une restauration, mais plutôt d’une résurrection, car le film était vraiment mort », déclare à l’AFP Tom Burton, responsable des services de restauration des studios Technicolor à Hollywood.

Derrière lui, sur grand écran, s’étale l’image mythique de la lune avec une capsule spatiale plantée dans l’oeil. Mais elle est bien différente de celle que l’on connaissait jusqu’ici: du sang rouge coule du visage jaune pâle de la lune, et l’astre à visage humain est entouré de nuages aux teintes gris-vert.

Le film était littéralement en pièces

La pellicule avait cristallisé et se brisait en mille morceaux. C’était une course contre la montre de chaque instant pour numériser le film avant qu’il ne tombe en poussière », dit-il. A ses côtés, Serge Bromberg, patron de Lobster Films et artisan du projet aux côtés des fondations Groupama Gan et Technicolor, confirme à l’AFP qu’avoir pu « ramener le film d’entre les morts relève vraiment de la science-fiction ». L’histoire commence au début des années 90, lorsqu’une copie couleur du « Voyage dans la lune » (1902), le film le plus célèbre de Georges Méliès (1861-1936) est déposée anonymement à la Cinémathèque de Barcelone.

Le monde des archives s’émeut de la réapparition de cette version, donnée pour perdue. Mais la joie est de courte durée, car l’état déplorable de la copie rend sa restauration impossible. Serge Bromberg récupère pourtant la bobine, avec l’idée folle de pouvoir, un jour, en faire quelque chose. En 1999, il tente le tout pour le tout, en faisant subir à la pellicule un traitement chimique pour la ramollir — un processus irréversible qui peut prendre jusqu’à deux ans. « Et quelle n’a pas été ma surprise, une fois la pellicule décollée, de découvrir qu’on avait plus de 90% du film », dit-il.

Il prend la pellicule en photo, image par image, et numérise le tout. Nous sommes alors en 2002 et il faudra encore attendre début 2010 pour que les progrès techniques permettent d’envisager une restauration complète.

13.375 images du film restaurées une par une

« Même comme ça, on n’était pas sûrs d’y arriver », assure Serge Bromberg. Les premiers éléments arrivent à Hollywood en novembre 2010 et grâce à un travail d’orfèvre, les 13.375 images du film sont restaurées une par une et « Le Voyage dans la lune » version couleur renaît, 109 ans après sa sortie. Les quelques images manquantes dans la copie couleur originale ont été coloriées à partir d’une copie en noir et blanc de la famille Méliès.

Le groupe électro français « Air » pour la bande son

« La couleur est incroyable, c’est comme une enluminure du Moyen-Age, une oeuvre d’art en soi », s’enthousiasme Gilles Duval, délégué général de la Fondation Groupama Gan, soulignant qu’avec un budget de 400.000 euros, cette restauration, pour un film de 14 minutes, est la plus ambitieuse de l’histoire. Quant à la musique d’accompagnement, elle a été confiée au groupe électro français Air, « pour faire le lien entre le public d’aujourd’hui et ces images d’hier, en en respectant la naïveté originelle », explique Serge Bromberg.

« Ce qu’il faut restaurer, surtout, c’est l’émerveillement du spectateur », affirme-t-il. « Il ne faut pas s’y tromper: +Le Voyage dans la lune+ c’est la même chose que +Star Wars+ dans les années 70 et +Avatar+ aujourd’hui. En 1902, les gens n’avaient jamais vu des effets spéciaux comme ça ».

Et d’avouer: « Quand je vois ces images, je pleure. C’est inévitable, quand on fait marcher la machine à remonter le temps, on retombe en enfance ». ©AFP

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