Faux médicaments sur internet: nouvelle campagne pour alerter le grand-public

Pour alerter le grand-public sur les risques pris en achetant des médicaments via l’Internet, le laboratoire Lilly a décidé de dénoncer « Le business du siècle », la fabrication et la revente de ces faux médicaments tels qu’ils apparaissent à l’occasion de saisies opérées sur des marchés, lors de descentes des Douanes, dans les entrepôts des aéroports, etc. Un film vidéo de 3 minutes et demie, visible sur l’Internet, rappelle en images réelles, stupéfiantes, mais en fonction de ce qu’on sait, que « si certains subissent la crise, d’autres en profitent ».

Certes, Lilly n’est pas seul dans ce combat contre les faussaires de la santé, mais il est toujours utile de relancer une campagne d’information grand public sur les dangers des médicaments achetés hors officines.

Selon l’OMS, rappelle Lilly, plus de la moitié des médicaments vendus sur Internet sont des contrefaçons, c’est à dire des faux médicaments, présentant dans la plupart des cas un risque pouvant être mortel. En effet, sauf dans les très rares cas de détournements de médicaments ou de principes actifs, l’analyse chimique en laboratoire des médicaments suspects saisis par les Douanes détecte des composants toxiques d’origine improbable : peinture de marquage routier, cire à parquet, du cirage, talc, craie, arsenic, acide borique .

C’est sur l’Internet que se multiplient ces sites de vente illégaux, aux aspects trompeurs de véritables pharmacies on line, qui proposent des médicaments à des prix défiant toute concurrence, avec des réductions proches parfois de 100 %. Exemple : dans la semaine du 5 au 12 octobre dernier, une vaste opération menée par Interpol a permis de détecter 694 sites Internet utilisés pour des activités illicites, 290 ont à ce jour été fermés. Pour combattre le mal par le mal, en quelque sorte, là où il sévit, le film en vidéo Le Business du siècle est donc exclusivement diffusé sur l’Internet, via You Tube à partir du 23 novembre (Cliquer sur le visuel).

Selon l’OMS, plus d’un médicament sur 2 vendu via l’Internet est une contrefaçon. La contrefaçon peut viser une spécialité de référence ou un générique. Selon l’AFSSAPS, la contrefaçon prend manifeste diverses formes : présentation et/ou composition identique au médicament original, composition différente : absence, sous-dosage ou surdosage de principe actif, présence d’ingrédients toxiques, conditionnement falsifié : emballage contrefait, permettant par exemple de « repousser » la date de péremption de médicaments périmés, même le nom peut être « emprunté » à une spécialité et à un laboratoire connus.

La contrefaçon de médicament est devenue un commerce bien organisé, utilisant les dernières technologies disponibles pour rendre les contrefaçons les plus ressemblantes possible aux originaux. Ainsi, même si les faux médicaments sont fabriqués avec des principes parfois toxiques et dans des conditions d’hygiène très éloignés des standards internationaux exigibles, il est très difficile, voire impossible de distinguer à première un médicament falsifié du véritable médicament. Seule une analyse chimique du produit en laboratoire permet de faire la différence.

Le circuit français : La rigueur et les contraintes administratives et techniques du commerce des médicaments en France expliquent qu’à ce jour, aucun cas de médicament contrefait n’a été signalé dans le circuit officiel français. Pour autant, les pays voisins comme le Royaume Uni, les Pays Bas et la République Tchèque sont concernés, puisque depuis 2004, selon l’AFSSAPS, plusieurs faux médicaments ont été découverts, pour la plupart dans le circuit légal de distribution des médicaments, de ces pays.

Constat : la contrefaçon de médicaments, qui relève du crime organisé, est un phénomène en pleine expansion. Selon une estimation publiée par le Center for Medecine in the Public Interest des Etats-Unis, les ventes mondiales de médicaments contrefaits pourraient atteindre cette année 75 milliards de dollars, soit plus de 53,8 milliards d’euros, soit encore une augmentation de plus de 90 % en 5 ans.

Le pharmacien d’officine est le gardien de la sécurité du médicament en France. A son intention, l’AFSSAPS a publié un guide sur les médicaments et les contrefaçons.

Source : Communication Lilly France, mise en ligne Jean-Marie Manus, Santé log, le 23 novembre 2010

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